A quel moment de la journée écrire, afin de booster sa productivité et son efficacité?Existe-t-il un moment idéal pour écrire?
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Un moment idéal pour écrire? Écriture et chronobiologie (2/2)

1 février 2019

Il y a quelques semaines je vous parlais d’un livre dont la lecture m’avait beaucoup marquée : Faites votre révolution chronobiologique, de Michael Breus. Le concept de chronobiologie était une totale découverte pour moi, et j’ai trouvé cette notion extrêmement intéressante : et si, effectivement, le respect de notre biorythme était la clé d’une plus grande efficacité, d’une meilleure productivité et d’une façon générale d’un mode de vie plus sain? Dans mon précédent article à ce sujet je vous présentais l’ouvrage et les différents chronotypes de manière détaillées. Aujourd’hui, il est temps de s’intéresser évidemment à l’apport des recherches sur la chronobiologie pour l’écrivain. Existe-t-il un moment idéal pour écrire un roman?

Un moment parfait pour être créatif?

Après un test qui permet de déterminer votre profil chronobiologique, l’ouvrage se décompose en plusieurs parties traitant des grands secteurs d’activité du quotidien : sommeil, santé, activité physique, travail, loisirs, nourriture…Et bien sûr, créativité. Pour chaque activité liée à ces sous-catégories (faire la sieste, déjeuner, faire un brainstorming, jouer d’un instrument de musique), l’auteur explique ce qu’il se passe du point du point de vue de la science, pour déterminer comment on peut évaluer l’heure idéale pour ladite activité. Chaque exemple est ainsi étayé par des études scientifiques. Prenons l’exemple de la musique : l’Institut de physiologie et de médecine musicale d’Hanovre a par exemple cherché à déterminer comment l’heure d’une prestation affectait les capacités d’un pianiste ! En fonction de leur chronotypes, les pianistes soumis aux test présentaient des différences de vélocité selon le moment de la journée.

J’apprécie beaucoup que les différents conseils de l’ouvrage soit relayées par ces explications afin de mieux saisir la valeur scientifique et médicale de la chronobiologie. Cependant, il n’est pas nécessaire de prendre au pied de la lettre tous les conseils prônés par le livre. A la lecture, j’ai sélectionné les idées qui me plaisaient le plus, mis de côté certains préceptes qui me semblaient un peu dur à mettre en œuvre…L’idée étant d’apprendre de nouvelles choses et d’adapter certains conseils à son quotidien. Je me suis bien sûr intéressée tout particulièrement à la partie « créativité. »

Bon, tout cela est bien joli, mais qu’en est-il de l’écriture? D’après Michael Breus, respecter son biorythme peut présenter de nombreux avantages. En effet, la plupart des fonctions cognitives (telles que l’apprentissage, la planification, l’attention, la prise de décision) fonctionnent au mieux lorsque nous sommes au meilleur de notre forme, réveillé et alerte. A l’inverse, la fonction en charge de la création serait plus efficace quand…nous ne sommes pas concentré! L’expérience décrite concerne des étudiants à qui l’on soumet des problèmes de type « analytique » d’un côté et des questions « intuitives » (lesquelles requièrent de la créativité). Les étudiants sont parvenus à résoudre les premiers durant leur pic de forme respectifs et ont réussi à traiter les questions intuitives lors de leur période de fatigue. Ainsi, si l’on souhaite profiter pleinement de notre esprit créatif, mieux vaut choisir un moment où l’on se sent particulièrement fatigué : c’est là que les « meilleures » idées sont susceptibles de surgir. C’est pourquoi l’auteur recommande d’écrire durant nos périodes de fatigue, mais de nous relire durant nos pics de forme (la relecture étant une activité analytique, nécessitant de reprendre de manière claire et concise son texte.)


Mais il y a-t-il véritablement un moment propice pour écrire un roman?

Bien sûr, la réponse est évidente : il n’y a pas en soi de meilleur moment pour écrire tant que vous écrivez. Le moment idéal pour vous atteler à votre roman ou votre projet en cours est encore celui que vous parvenez à vous dégager. Que ce soit tôt le matin avant de partir au travail, pendant la pause déjeuner ou au contraire au milieu de la nuit, je pense sincèrement qu’il vous avant tout écouter vos sensations, vos envies, vos besoins, et d’essayer d’accorder tout cela avec un emploi du temps parfois bien chargé.

Néanmoins, si vous vous sentez bloqué, en manque d’inspiration, si au moment de prendre votre stylo ou de vous poser devant votre ordinateur, vous séchez complètement : s’intéresser à la chronobiologie peut se révéler riche d’enseignements. Ne serait-ce que pour changer ses habitudes, tester de nouvelles choses. L’année dernière, lors de l’écriture de mon premier roman, je mettais un point d’honneur à commencer ma session tous les matins à 10 heures tapantes. Après tout, c’est bien connu, c’est le matin qu’on est le plus efficace, non?

Certains jours, j’arrivais à écrire…Mais la plupart du temps je fixais mon curseur pendant de longues minutes. Je tapais quelques mots, mais sans conviction. Je regardais par la fenêtre. J’allais me chercher un café. Je me sentais pleine d’énergie, alerte, mais pourtant, je n’arrivais pas à me concentrer, et pire : je n’avais pas envie d’écrire.  

En lisant l’ouvrage de Michael Breus, ça a fait tilt : la fonction « créative » du cerveau ne fonctionne pas de la même façon que les autres fonctions cognitives. Le matin je me sens efficace quand il s’agit de lire, de mémoriser ou d’apprendre des choses, de travailler…Mais pour ce qui est de la création, niet, nada, zéro.

J’ai donc essayé de sortir de ma zone de confort : écrire le soir…Au moment où je me sens le plus fatiguée ! Je me suis donc installée derrière mon clavier d’ordinateur aux alentours de 19-20 heures, pendant une semaine. Et au bout du compte…Ces sessions se sont révélées extrêmement productives. Après un démarrage un peu lent, je me sentais comme libérée, j’écrivais sans tellement y penser, mais sans pour autant passer à autre chose. Au bout d’une vingtaine de minutes je me sentais presque pousser des ailes, tellement ça me paraissait facile. Hallelujah !

Mais dans les faits, je ne peux pas me permettre d’écrire tous les jours à ce moment de la journée. Ainsi la tranche horaire a priori « idéale » pour moi s’avère plutôt incompatible avec ma vie de tous les jours, et malgré plusieurs tentatives, il est difficile pour moi de tout lâcher après 19 heures pour m’enfermer dans mon bureau. Je préfère donc me rabattre sur un tout autre moment de la journée, sorte de compromis entre le matin où mon cerveau, de toute évidence, est trop « excité » pour se lancer dans une activité créative et le soir où j’ai d’autres obligations 🙂

Même si je n’applique pas complètement les préceptes de la chronobiologie sur mon processus créatif, j’ai énormément appris en me penchant sur cette notion; appris sur moi, sur mon propre fonctionnement. Depuis que j’essaye de régler d’autres paramètres de mon quotidien, je sens nettement la différence sur mon état d’esprit et mon énergie. Cela peut paraître bête, mais arrêter par exemple de boire du café tôt le matin a complètement changé ma vie ! (J’exagère…à peine 😉 ). Et surtout, j’ai arrêté de vouloir à tout prix écrire de bonne heure de matin, ce qui a levé pas mal de blocages !

Bref, je ne peux que vous recommander la lecture de cet ouvrage et de faire le test, tout simplement. Si vous en avez la possibilité, testez différentes plages horaires pour écrire, sans vous mettre la pression. Essayer de repérer les moments où vous avez un petit coup de mou, où vous vous sentez peu concentré. Essayez d’écrire dans ces moments-là…Qui sait ce qui pourrait jaillir de ces instants de fatigue? 😉 Mais encore une fois, je le répète, le meilleur moment de la journée pour écrire sera toujours celui que vous aurez réussi à vous dégager ! 😉

A quel moment de la journée écrire, afin de booster sa productivité et son efficacité?Existe-t-il un moment idéal pour écrire?

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    1. Encore une fois, je suis persuadée qu’il n’y a pas de « mauvais » moment, si on a déjà peu de temps à consacrer à l’écriture 😉 Le simple fait de trouver du temps, c’est déjà formidable !

  1. Je n’ai jamais réussi à écrire le matin, ou alors quelques paragraphes dont je n’étais pas satisfaite. J’écoute beaucoup les signaux de mon corps, surtout depuis quelques années (gros changements dans ma vie privée et d’un point de vue psychologique aussi), mes envies, mes besoins. Je sais depuis longtemps que je suis plus productive de 16 h à 20 h. Le problème, c’est qu’il m’est impossible d’écrire à ce moment-là : je suis responsable de deux petits êtres bien envahissants. ^^ J’ai également constaté que le soir est très propice à l’inspiration (surtout avec de la musique douce dans les écouteurs, il fait noir, tout le monde dort, je plane presque), mais c’est un rythme que je ne peux me permettre, hélas (j’élève seule les deux bestioles précitées :p ). J’ignorais en revanche que la créativité était liée à la fatigue, merci pour cette information. 🙂

    1. Je te comprends tout à fait…Même en écoutant ses besoins, il est très difficile d’écrire au moment le plus propice, en tout cas je considère que c’est un vrai privilège que de pouvoir le faire! Effectivement, du moment que l’on n’est plus seul(e) à mener sa barque dans son coin, c’est une autre histoire ! 😀 Mais rester à l’écoute de soi me semble vraiment crucial, oui 🙂 En tout cas c’est une bonne nouvelle concernant la fatigue, on sait au moins qu’on peut potentiellement en tirer quelque chose^^!

  2. Encore un article très intéressant et inspirant, merci beaucoup !
    J’avais déjà noté ce phénomène quand tout comme toi j’avais décidé qu’il fallait absolument écrire le matin et que finalement je me retrouvais comme une idiote devant mon carnet vide, l’encre en train de sécher au bout du stylo. En fin de journée, il faut parfois que je me fasse violence pour aller écrire alors que tout ce que je voudrais c’est m’étaler sur mon canap’ avec un livre et un thé, mais le résultat en vaut toujours la peine ! Drôle d’aventure que celle d’écrire. On en apprend beaucoup sur soi, sur notre manière de fonctionner…. En te souhaitant bonne chance pour la suite de ta vie d’écrivaine, et vivement ton prochain article! 🙂
    Marie.

    1. Merci beaucoup pour ton message, ça me fait vraiment plaisir 😉 Et ravie de voir que je ne suis pas la seule à ne pas être du tout du matin, en ce qui concerne l’écriture ! Je ne compte pas le nombre d’heures perdues à regarder voler les mouches…Mais effectivement, le soir, c’est parfois terrible aussi, parce que tout notre esprit (et notre corps!) nous hurlent de faire tout autre chose. Pas toujours facile de trouver son rythme, mais quand les mots viennent, ça n’a pas de prix 😉

  3. Sympa ton article 😊 C’est intéressant de voir cette corrélation entre la chronobiologie et l’écriture…C’est vrai que se dire: »Je vais écrire le matin car je suis au max de mon énergie » paraît sensé, et pourtant comme tu le montres ce n’est pas forcément le cas…Et je me retrouve totalement dans ce que tu décris! Vouloir écrire mais ne pas parvenir à rester concentrée, se disperser, avoir son esprit qui part dans tous les sens sauf là où on aimerait qu’il aille…Ça m’arrive tout le temps et je n’ai jamais pensé à noter les heures/moments pour voir si un schéma se dégage…Je vais y penser 😊😉

    1. Honnêtement, je n’aurais jamais juste même considéré la possibilité d’écrire le soir assez tard; ça me semblait complètement impossible. Je suis une couche-tôt en plus, mon énergie décroît très très rapidement ! 😛 Et quand je vois certains qui écrivent au saut du lit, avant de partir au travail, ça m’impressionne beaucoup ! Je m’écroule le soir, et le matin je suis un zombie donc…Difficile de s’y retrouver 😛

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