Ecriture | Partage d'expérience

Bilan : que m’a appris le NaNoWriMo?

7 décembre 2018

J’ai attendu une petite semaine avant de vous faire un retour complet sur mon expérience du NaNoWriMo. Le temps de décompresser, de prendre du recul, de réfléchir à la façon dont ce mois s’était déroulé et quels enseignements je pouvais en tirer. Je commence déjà à ressentir une sorte de nostalgie, car j’ai conscience que je ne pourrai pas suivre le même rythme toute l’année. C’est le principe du challenge. C’est ce qui fait sa spécificité, et qui rend ce mois de novembre un peu unique dans l’année.

 

Mon NaNo en quelques chiffres

 

Total de mots : 50 043

Record d’écriture : jeudi 22 novembre,  4156 mots

Moyenne d’écriture : entre 1000 et 1200 mots / heures

Journées sans écrire : 5

 

Je suis contente, bien sûr, d’avoir atteint l’objectif final, malgré un rythme et une motivation en pointillés. J’en conclus qu’il est possible de ne pas écrire absolument tous les jours, et de s’en sortir quand même. Au départ, passer un ou deux jours sans aligner un mot me contrariait beaucoup. Vers la fin, ça m’était devenu égal. Parce que je savais que je pourrai le faire. C’est là que cela devient intéressant : au-delà des nombres, le challenge m’a appris plusieurs choses à propos de moi-même et de mon fonctionnement en tant qu’écrivain.

 

Écrire, et rien d’autre

 

Tout d’abord, j’ai compris que j’étais capable d’écrire. Tout bêtement. Capable d’écrire. D’écrire beaucoup, d’écrire vite (même si je reste une tortue en la matière). Je suis capable d’écrire pour peu que je m’en donne les moyens, que je me mette de côté mon ego, mon perfectionnisme et mon manque de confiance en moi. Le NaNo m’a poussé à laisser tomber toutes ces voix dans ma tête qui me freinent en temps normal. Il y a celle qui dit que je suis nulle, que tout ce que j’écris est foncièrement mauvais. Il y a celle qui affirme que je suis incapable de mener à bien un projet, de mettre des mots sur une idée et d’y poser un point final. Une autre voix me pousse à me détourner de l’écriture parce que vraiment, écrire est une perte de temps.

Bref. Toutes ces voix négatives se sont tues et m’ont laissée tranquille. Je ne sais pas si ce que j’ai écrit est bon. Ni si je réussirai un jour à en faire quelque chose. Mais j’ai réussi à écrire ces 50 000 mots sans trop me poser de questions. Parce que j’y étais obligée. Je me devais de respecter cette deadline. Avant de commencer, je voyais le NaNo comme une sorte de contrainte, une corvée. Écrire 1667 mots par jour? La plaie. Je ne soupçonnais pas que loin d’être une corvée, cet objectif arbitraire et cette date limite imposée serait complètement libérateur.

Ensuite, j’ai compris que je pouvais écrire sans faire pour autant de mélodrame. Le coup de l’écrivain maudit. De l’aspirant auteur en mal d’inspiration, en échec perpétuel, qui n’a ni le temps ni vraiment le courage de s’y mettre. Vous voyez le tableau? Je désirais écrire depuis si longtemps que j’en faisais comme une sorte de petit drame existentiel. « J’aimerais tellement passer tout mon temps à écrire, être auteur à plein temps et me libérer des contraintes de la vie quotidienne! » Sauf que je n’avais pas besoin de tout ça. Juste de m’y mettre. De faire taire ce moi larmoyant et de sortir les griffes. De mettre de côté la pathos et de m’armer de courage. Quand on veut, on peut. On peut toujours.

 

Se donner les moyens

 

Je pensais réellement que ce type de phrase, “quand on veut, on peut”, n’était qu’une assertion pas forcément vraie et plus culpabilisante qu’autre chose. Mais le NaNo m’a prouvé qu’il était réellement possible d’atteindre ses objectifs, si on s’en donne les moyens. A mi-chemin du challenge, j’avais écrit 15 000 mots. J’avais atteint ce résultat après deux semaines vraiment longues et fastidieuses.

Résultat? J’ai commencé à baisser les bras. Si je ne pouvais écrire que 15 000 mots en quinze jours, il était impensable que je puisse atteindre les 50 000 avant la fin du mois. C’était clair, net. Mathématique. J’ai considéré ce fait-là comme relevant d’une logique implacable, sans jamais le remettre en question. Sans me remettre moi-même en question. J’ai donc accepté que j’allais échouer. J’écrirais probablement 30 000 mots, peut-être un peu plus, mais c’est tout. Et je me suis convaincue que ça serait très bien quand même.

Et puis finalement, le déclic. Avais-je réellement tout fait pour écrire durant ces deux premières semaines? Ne m’étais-je pas un peu reposée sur mes lauriers? Avais-je tout, tout donné? Je connaissais déjà la réponse. Mais plus encore : j’ai compris que je visais un objectif plus bas pour être sûre de ne pas échouer. J’en parlais déjà dans mon bilan à mi-parcours. Et clairement, je ne pouvais pas me résoudre à cet espèce de défaitisme calculé. Alors j’ai mis les bouchées doubles. J’ai arrêté de pinailler, de râler, de faire la tortue, de me dévaloriser. Oui, j’ai un rythme d’écriture assez lent. Mais non, ce n’est pas une fatalité et oui, je peux progresser. Je n’écrirai jamais 5000 mots par heure mais je peux m’améliorer.

La semaine suivante, j’ai écrit 15 000 mots. Et 20 000 la semaine d’après. Je me suis donné les moyens. Ce n’était pas facile, j’ai dû faire des choix. Comme renoncer à mes activités préférés, accepter de manger un n’importe comment, de moins sortir m’aérer, de ne plus faire vraiment de sport. D’arrêter de traîner sur les réseaux sociaux, même si j’adore ça. De moins lire, même si c’est parfois une torture.

 

Pour conclure

 

Avant, j’aurais été incapable de dégager autant de temps pour écrire. De mettre momentanément mon quotidien entre parenthèse. D’accepter mon désir d’écrire et de m’y consacrer. Le NaNoWriMo m’aura au moins permis de sortir de ma zone de confort, et de m’empêcher de cacher derrière tout un tas d’excuses. C’est le coup de pied au derrière dont j’avais besoin. A la fois pour me lancer dans mon projet, mais aussi pour m’y tenir. Pour me respecter moi-même en tant qu’auteur et respecter mes ambitions. Une belle leçon d’humilité, et un pas de plus pour reconquérir l’estime de soi.

 

Que de points positifs, donc ! Je ne regrette donc absolument pas, évidemment, de m’être lancé ce défi. Peut-être que le plus dur est à venir, et le “post-nano” sera peut-être tout aussi compliqué à gérer. Ce sera très probablement l’objet d’un futur article…:)

 

Quel bilan après un mois de NaNoWriMo? Quelles leçons tirer de ce challenge d'écriture?

 

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